Intervention biocontrole VINEXPO

A l’invitation du Club CERES, je suis intervenu au salon VINEXPO de Bordeaux le 14 mai dernier. Mon intervention a porté sur les outils de biocontrôle et de biostimulation.
Le bio-contrôle est un des leviers pour faciliter la substitution des produits phytosanitaires de synthèse par des alternatives, en vue d’atteindre les objectifs du plan Ecophyto 2 de réduction de l’usage des pesticides.

Dans le cadre de la réduction des produits phytopharmaceutiques, L’objectif reste le même :

/Réduire de 25% l’utilisation de produits phytopharmaceutiques en 2020 et de 50% en 2025″, ainsi que sortir « du glyphosate d’ici fin 2020 pour les principaux usages pour lesquelles des alternatives existent, et d’ici fin 2022 pour l’ensemble des usages./

L’activité du biocontrôle est relativement restreinte, elle ne représente encore en France que 5 % du marché de la protection des plantes avec un chiffre d’affaires de 110 M€ en 2016 (avec un potentiel de 15 à 20%). Tout doit être fait pour le promouvoir.

Ainsi dans la loi EGALIM (issue des états généraux de l’alimentation)

  • Les rabais, ristournes, remises ou unités gratuites sont interdites sauf pour les produits de biocontrôle (art 74)
  • Mise en place d’une procédure simplifiée d’autorisation et d’évaluation des biostimulants (modalités fixées par voir réglementaire) (art 77)
  • Mise en place d’une stratégie nationale de mobilisation de la recherche en vue de développer des solutions alternatives aux produits phytopharmaceutiques prévoyant la réduction des délais d’évaluation des produits de biocontrôle et des produits biostimulants avec allégement des démarches administratives et prise en compte des expérimentations locales et à leur diffusion. (art 80)
  • Mise en place de chartes d’engagements départementales concernant l’utilisation des produits phyto à proximité des bâtiments habités, exclusion des produits de biocontrôle. (art 83)
  • Mise en place d’une formation sur l’exigence de sobriété dans l’usage des produits phytopharmaceutiques et aux alternatives disponibles et notamment en matière de biocontrôle. (art 84)
    /Il s’agit de formaliser l’obligation à la fois pour la primodélivrance d’un certificat permettant l’utilisation, la vente ou le conseil en matière de produits phytopharmaceutiques (certiphyto) et pour son renouvellement./

De façon plus générale dans le cadre du plan de sortie du glyphosate, et plus récemment, le gouvernement a présenté le 10/04/2019 une nouvelle version de son plan national de réduction des produits phytosanitaires « Ecophyto 2+ »,
Présidée par le Préfet Pierre-Etienne Bisch, délégué interministériel au plan de sortie du glyphosate et de réduction des pesticides depuis décembre 2018, la « task force » mobilise les préfets de région, ainsi que les agences régionales de santé et les collectivités territoriales. Un comité de suivi réunit l’ensemble des interprofessions végétales.

Un accroissement de la transparence sur les moyens financiers alloués à la réduction des produits phytosanitaires a été décidée avec :

  • une cartographie nationale et régionale intégrant les diverses sources de financement,
  • la mise à disposition d’un guide des financements mobilisables
  • une base de données d’achat et de vente de produits phytosanitaires à l’échelle de la commune doit aussi être rendue accessible le 1er juillet (en préservant l’anonymat des acheteurs)

Les moyens alloués à la recherche sont renforcés, avec une dotation de 30 millions d’euros dans le cadre du 3e programme d’investissements d’avenir. Un appel à projets sera lancé en juin.

Une enquête « flash » spécifique  sur le glyphosate doit être lancée parmi les agriculteurs d’ici à l’été, afin de /« mieux connaître les pratiques de désherbage et mesurer l’évolution des pratiques »/.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) conduiront pour leur part une/« évaluation comparative des produits »/à base de cette substance.
Un centre de ressources présentant aux agriculteurs des alternatives au glyphosate est opérationnel depuis février. Le dialogue avec les premières filières concernées débutera avant l’été 2019.

Le Gouvernement veut s’attaquer aux pesticides naturels trop abondants, en élaborant une feuille de route pour /« /développer des alternatives à l’usage du ‘cuivre en viticulture ».Les modalités d’épandage devraient être discutées au sein de deux groupes de travail d’ici l’été.

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